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* Tribune parue dans les Dernières Nouvelles d’Alsace
« Situation financière dégradée », « surchauffe », « surendettement », voilà quelques-unes des expressions utilisées par Roland Ries, Jacques Bigot et Alain Fontanel pour décrire la situation financière de la Ville et de la CUS durant la dernière campagne municipale ou dans le prolongement immédiat de la publication de leur audit en juin 2008.

 

Quelle était donc cette situation si catastrophique ?

 

Les comptes administratifs de la Ville et de la CUS, documents officiels et consultables par chaque citoyen, révèlent qu’au 31 décembre 2007, l’endettement était de 122,2 millions d’euros (MEUR) pour la première et de 148,58 MEUR pour la seconde.

Au 31 décembre 2007, reposaient donc sur chaque Strasbourgeois 782 EUR de dette.

À cela, il convenait d’ajouter les garanties d’emprunts accordées par les deux collectivités (notamment à CUS Habitat, Habitation Moderne, la CTS, Parcus, la SERS, etc.). Des garanties qui s’élevaient à 794 MEUR.

Presque cinq années après l’accession aux responsabilités de Roland Ries et Jacques Bigot, l’endettement de la Ville de Strasbourg sera de 121,8 M EUR et 304,6 M EUR pour la CUS au 31 décembre 2012.

 

La dette globale reposant sur les Strasbourgeois aura donc progressé de 155,62 MEUR, soit 1 082 EUR par habitant.

En parallèle, les garanties d’emprunts des deux collectivités s’élèvent en 2012 à 1,28 milliard d’euros.

Une dette qui s’envole : voilà un premier bilan des 5 années de gestion de la majorité PS-Verts.

 

Non satisfaits de cette situation, les budgets prévisionnels de l’actuelle majorité prévoient, pour 2013, 94,7 MEUR d’emprunts nouveaux pour la ville et 151 MEUR pour la CUS. Appliqués en l’état, ces budgets porteront à plus de 600 MEUR la dette directe.

 

D’ici 2014, l’endettement direct et indirect des deux collectivités dépassera donc les deux milliards d’euros !

 

Ces choix politiques ne sont pas acceptables.

 

À l’heure de la crise, au moment où tous les États européens s’engagent à la réduction de la dette publique, il est irresponsable de plonger la Ville et la CUS dans un tel surendettement.

Cela est d’autant moins acceptable que pendant cette période, contrairement aux promesses électorales, les impôts locaux ont augmenté et progresseront encore.

Ceux sur les entreprises, alors que le chômage explose et que les plans sociaux se multiplient, à travers la forte hausse du versement transport (+16,6 MEUR depuis 2007), les hausses de la CFE qui s’est en partie substituée à la taxe professionnelle, ou la hausse de la taxe sur les surfaces commerciales.

 

Mais plus grave encore, les taxes sur les ménages s’envolent aussi et viennent s’ajouter à la potion déjà bien amère concoctée également par le nouveau gouvernement.

Après une première hausse des taux en 2012, les taux de la taxe d’habitation vont encore progresser de 1,5 % en 2013 et celui de la taxe foncière de 2,3 %.

Pour la seule ville, les recettes liées aux impôts directs sont passées de 122,5 MEUR au 31/12/2007 à 140,6 M EUR prévus pour 2013. Avec de telles perspectives, 18,6 MEUR supplémentaires auront donc été prélevés sur les Strasbourgeois à la fin 2013. Sans parler des taux de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères qui augmenteront une nouvelle fois en 2013 de 1,9 %.

Mais ça n’est pas tout !

Des tarifs qui progressent

Pendant ce temps en effet, l’ensemble des tarifs a progressé, en particulier ceux de la CTS, hausse symbolisée par le prix exorbitant du ticket unitaire passé de 1,3 à 1,6 euro entre 2008 et aujourd’hui (+23 %, beaucoup plus que l’inflation), devenant de fait plus cher qu’un litre d’essence !

 

Voilà, au final, le bilan de cinq années de gestion qui ont vu les Strasbourgeois être fortement mis à contribution alors que leurs revenus n’ont pas ou peu progressé.

 

Cette situation s’explique en particulier par l’absence de maîtrise de dépenses de fonctionnement (personnel, dépenses de gestion, charges financières…) des deux collectivités.

 

Elles ont en fait explosé. Les seules dépenses de personnel de la CUS ont progressé de 36 millions d’euros entre les budgets 2008 et 2013.

 

Clairement, la voie choisie par Roland Ries et Jacques Bigot n’est pas la bonne.

 

Leurs choix en matière budgétaire pour l’année 2013 ne vont pas dans le bon sens, d’autant que les dotations de l’État sont gelées et vont à présent diminuer à l’instar du dernier contrat triennal.

 

Cette gestion erratique me fait penser aux joueurs de casino qui ont déjà beaucoup perdu, mais qui pensent toujours pouvoir se refaire. Sauf que là, les jeux sont faits et rien ne va plus !

 

En matière budgétaire, il faut clairement s’orienter vers une réduction significative des dépenses de fonctionnement et pas simplement un gel, pas simplement une légère baisse, mais une baisse significative.

En parallèle, il faut maintenir voire diminuer la dette.

Dépenser moins et dépenser mieux pour réduire la dette, voilà quel doit être notre objectif commun.

 

La question n’est pas d’être la capitale française ou européenne des investissements, de faire tourner les bétonnières, mais de mener une politique utile pour nos concitoyens et le monde économique, dans la stricte maîtrise de nos capacités financières réelles, sans recourir davantage à l’impôt comme ne cesse de le faire l’actuelle majorité depuis 2008 et ce, malgré ses promesses passées.

 

Mener une gestion responsable n’est pas très à la mode pour beaucoup de collectivités locales.

Pourtant, il faut rompre avec certaines habitudes, avec certaines mentalités. La tentation de la facilité est plus populaire et les arrière-pensées électorales ne sont jamais loin, mais c’est un cap juste et nécessaire. C’est ce que je défendrai lors des prochains débats budgétaires.

 

Jean-Emmanuel ROBERT, Conseiller municipal et communautaire de Strasbourg

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