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GEORGES SCHULER PORTRAIT

Maire de Reichstett, Georges SCHULER revient sur le renforcement des sanctions contenues dans la loi ALUR qui impose 25 % de logements sociaux dans les communes de plus de 3 500 habitants.

« Avec le retour du printemps revient aussi le temps des déménagements, l’envie de changer d’appartement, de maison, voire de ville ou village.

À grand renfort de publicité et de menaces, le gouvernement socialiste par la voix de son porte-parole, M. Le Foll, veut durcir la répression contre les communes qui ne respectent pas la Loi ALUR (Duflot) c’est-à-dire 25 % de logements sociaux par rapport au nombre de logements existants dans la ville ou village de plus de 3 500 habitants se trouvant dans une agglomération de plus 50 000 habitants.

Reichstett, commune de 4 600 habitants, a même été citée dans le journal « Le Monde »,

faisant partie des 218 communes « hors la loi », carencées, qui devront payer encore plus que l’impôt de base. Comme disait Coluche, « encore plus blanc que blanc », le préfet pourra se substituer dans les trois années à venir aux décideurs locaux et réaliser des logements sociaux.

Effet d’annonce et publicité mensongère dirais-je, car je vois très mal un préfet prononcer des expropriations à l’encontre de particuliers ou de collectivités et se transformer en urbaniste avéré pour permettre aux bailleurs la réalisation de logements sociaux. Ce n’est pas sa vocation et au vu des finances de l’État, je doute qu’il trouve les fonds nécessaires au dédommagement. Déjà aujourd’hui on parle de rétrocession à l’Eurométropole de cette compétence.

Il existe bien quelques alternatives genre rustines de réparation rapide, transformer un logement privé en logement social, racheter des corps de ferme et les transformer en collectifs, transformer un vieux presbytère ou des logements d’instituteurs… C’est faire fi de l’histoire de nos villages.

Soins palliatifs mais pas curatifs

Logements décents et pour tout le monde, comment être contre ? Mais les logements sociaux sont-ils vraiment la bonne réponse ?

Construire, construire, densifier toujours plus autour des grands centres urbains, alors que des régions entières en France connaissent un début de désertification.

Le général de Gaulle voulait au début des années soixante une agriculture diversifiée sur l’ensemble du territoire ; aujourd’hui le système est encore d’actualité ; il a permis de maintenir une agriculture en moyenne montagne et dans d’autres régions difficiles d’accès.

La politique du logement devrait être calquée sur ce modèle, répartir l’offre sur l’ensemble du territoire.

Mais à deux conditions : créer de l’emploi et une offre de transport digne de ce nom.

Le véritable problème du logement social, ce n’est pas le manque de logements. C’est le fait de maintenir des gens dans des conditions qui ne leur permettent pas d’accéder à autre chose. Quand je parle avec les habitants des logements sociaux, leur objectif n’est pas de rester, mais de pouvoir habiter un logement à eux.

Le rêve de l’accession à la propriété ne doit pas rester une utopie mais devenir une réalité.

Pour cela, il faut commencer à attaquer le mal par sa racine, c’est-à-dire le chômage ; la solution passe par l’emploi et l’aide aux entreprises créatrices de vrais emplois à longue durée et avec comme conséquence l’augmentation du pouvoir d’achat pour les salariés.

L’implantation des entreprises doit directement être liée à la création de zones d’habitat et à l’offre de transport public. C’est ce que nous faisons à Reichstett, même si l’offre transport en commun ne suit pas.

Les logements sociaux doivent être une aide, une sorte de starter mais surtout pas une finalité, sinon ils vont devenir et rester un aspirateur à misère et comme le disait M. Rocard, « la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde. » Lorsque je rencontre des retraités qui ont passé toute leur vie dans un logement social, j’éprouve un sentiment d’échec de la part de la société vis-à-vis de gens qui ont pourtant travaillé toute leur vie. Ils peuvent juste se payer un HLM, mais ne pourront jamais se payer un prix journalier en EHPAD, mais cela sera un autre débat.

Vouloir construire des HLM pour maintenir des gens dans l’assistanat et la précarité autour des grandes villes où se trouvent tous les services d’aide et autres associations de soutien n’est pas la solution. C’est accepter un état de fait, c’est une démission politique que d’accepter qu’une partie de la société soit dépendante de l’autre allant bien au-delà du seuil de la solidarité indispensable. C’est jeter à la vindicte populaire 218 communes sans tenir compte de leurs histoires, c’est surtout ne pas vouloir assumer les responsabilités qui sont celles d’un gouvernement. Et la loi ALUR n’est qu’une pompe à impôts supplémentaire pour la classe moyenne. »

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