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Le maire de Strasbourg vient de présenter à la presse « la politique culturelle de la Ville » appuyée sur un fascicule jaune de 12 pages.

Dans ces prestations communicationnelles on ne perçoit guère que le Culture soit une préoccupation majeure de la municipalité. Il manque le souffle qui devrait accompagner le militantisme culturel.

Conférence de presse et document sommaire n’effaceront d’ailleurs pas le triste symbole de l’effacement et de la soustraction d’un haut lieu des arts, l’ancienne douane, au bénéfice des produits agricoles, et ce au moment même où on se vante d’obtenir le label « Ville d’art et d’histoire ».

En premier lieu je note avec une grande satisfaction que cette politique s’inscrit dans la continuité de ce que nous avions initié et mis en place de 2001 à 2008.

À titre d’exemple dans l’éditorial il est amplement question de la Bibliothèque idéale dont le changement, puisqu’il en fallait un, réside dans le nombre grammatical.

Du singulier on est passé au pluriel et il s’agit maintenant « des bibliothèques idéales ». Le fond est inchangé. Quant au Goncourt de la nouvelle qu’il me soit permis de rappeler que c’est notre municipalité qui l’a installé à Strasbourg après une agréable négociation avec le regretté François Nourissier.

Le changement grammatical majeur ( !) de « bibliothèque idéale » signe au fond un  terne manque de singularité et d’audace de cette politique culturelle dont on cherche vainement les innovations.

Je forme aussi le souhait que la donation de Denise René ne soit pas saluée simplement par l’embarras de sa clause concernant l’installation à l’Aubette.

La lecture du fascicule jaune, dont le style et le sens n’éveillent guère l’excitation intellectuelle que le sujet mériterait, laisse entrevoir une énumération fastidieuse de l’existant.

Le catalogue figurant au bas des 12 pages se voudrait un programme dont la formulation s’apparente plus à un tract électoral qu’à un document digne de la matière culturelle. Sans m’arrêter aux énonciations de ce qui existe, (Ex. « le centre chorégraphique de pôle sud » ou « le programme des résidences artistiques », « des tournées de l’OPS en Europe »), je note les annonces creuses, qui ne mangent pas de pain, (Ex « concevoir un événement participatif de début de saison », « promouvoir les cultures régionales », « animer les journées du patrimoine mondial de l’UNESCO »)

Enfin on y inclut des projets que les réalités imposent comme « rénover le Palais des fêtes » ou « programmer le chantiers de rénovation de l’Opéra » (où est la construction d’un nouvel opéra pourtant annoncée en divers lieux de la ville comme le long du Rhin ?)

L’adjoint à la culture a annoncé que les grandes institutions culturelles verraient leurs budgets amputés de 1% pour être redistribué aux plus petites structures. Cette annonce est conforme à l’impression de vague et d’imprécision générales.

Il est en effet indispensable de préciser quelles grandes institutions et quelles petites structures sont concernées.

Au total je me réjouis que notre politique culturelle soit poursuivie dans ses grandes lignes et dans son sens profond tout en déplorant un vrai manque d’audace et d’imagination

J’aurais aimé que l’on innove dans nos quartiers en y installant le meilleur de la culture, en amplifiant ce que nous avions réalisé, une forte décentralisation : l’OPS, l’Opéra, des artistes, comédiens, plasticiens et autres, en résidence dans les cités comme le Neuhof, Hautepierre, l’Elsau et les autres.

La grande question est en effet d’élargir les publics, surtout ceux qui, socialement ou géographiquement, en sont les plus éloignés.

Aujourd’hui ce sont nos quartiers qui ont le plus besoin d’être tirés vers le haut par la Culture.

Ma conviction profonde demeure : la culture doit être située au cœur des politiques publiques, les inspirer et les nourrir.

Robert GROSSMANN

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