Site officiel de la Fédération des Républicains du Bas-Rhin

Compte-rendu de la conférence du 22.11.2011 à Reitwiller intitulée

 » De la fourche à la fourchette, l’agriculture bas-rhinoise fait valoir ses qualités « 

par

Sébastien EYDER, Président du COC des Terres à l’Envers

Gilles NEUSCH, Directeur-adjoint de la Chambre d’agriculture du Bas-Rhin

Les Terres à l’envers, grande manifestation agricole organisée à Oberhausbergen en septembre dernier a connu un succès retentissant avec 180 000 visiteurs et la participation du Président de la République, Nicolas Sarkosy. Aucune autre profession n’aurait pu mobiliser 2 000 bénévoles sur trois jours pour l’organisation.

Les Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin, à l’initiative de la manifestation, sont satisfaits d’avoir pu montrer toutes les filières agricoles, dans leur globalité, au grand public. Ils ont également montré que des acteurs, très différents, parfois concurrents, pouvaient travailler ensemble.

L’un des principaux objectif était bien de faire la démonstration qu’on peut  » produire local  » et  » consommer local « . Il s’agit d’un geste civique qui contribue au rayonnement économique alsacien.

Avant d’introduire le débat, Gilles Neusch a présenté l’agriculture bas-rhinoise.

  • La surface agricole utile dans le Bas-Rhin est de 41 %, alors qu’elle est de
    50 % en moyenne en France. Par ailleurs, la densité de la population en Alsace est forte, avec 252 hab./km2. L’Alsace est la 3e région la plus peuplées. Il en résulte une relation forte entre les agriculteurs et les citoyens qui peut parfois devenir conflictuelle.
  • Le département du Bas-Rhin se singularise par une forêt plus présente que dans les autres territoires, 36 % en Alsace, 28 % en moyenne nationale.
  • L’Alsace se décompose en différents territoires : Alsace Bossue, Montagne vosgienne, Plaine, Ried, Région sous-vosgienne. En fonction du lieu, la proportion d’élevage, le type de cultures, et la proximité entre les agriculteurs et les citoyens est variable.

La Plaine est la région la plus peuplée (64 % de la population), c’est également elle qui accueille la plus grande surface agricole utile (38 %), ainsi que le plus grand nombre d’exploitations (44,5 %), pour un territoire qui représente 31 % de la surface globale. Elle est plus fortement diversifiée

  • En termes de surface agricole et d’occupation des sols, contrairement à ce qui se dit, le maïs n’occupe pas tout le territoire. Il représente 37 % des productions végétales. Les prairies représentent plus de 26 % de la surface. La viticulture représente 3,4 % de la surface agricole et les cultures spéciales (houblon, tabac, betteraves …) sont au niveau de 5,4 %.
  • Si on le calcule en nombre de têtes, l’élevage se décompose en 51 % d’élevage bovin, 33,5 % d’élevage porcin et 15.5 % d’ovins.
  • De gros différentiels peuvent apparaître au niveau de la valeur économique des différents types de production. La viticulture apparaît ainsi comme plus rémunératrice que les autres cultures (voir le document ci-joint).
  • Le tableau ci-dessous indique la taille des exploitations agricoles. Notre région compte peu de très grandes exploitations. Les exploitations de moins de 5 ha, correspondent aux double-actifs dont le taux est élevé et particulier à notre région.
  • Enfin, le tableau suivant nous donne des indications sur l’âge et sur le genre des chefs d’exploitation. On observe que de moins en moins de jeunes optent pour le métier d’agriculteur et qu’on est loin de la parité hommes-femmes ! Plus l’âge augmente, plus le taux de féminisation devient important, souvent pour des raisons  » techniques  » : le conjoint homme prenant sa retraite à 60 ans, il déclare alors son épouse comme chef d’exploitation.

Le débat qui a suivi la présentation a permis d’aborder différentes thématiques. Les principales discussions ont porté sur les points suivant :

  • L’avenir du houblon est fortement menacé dans la région. Suite à la rupture du contrat d’achat avec le principal acheteur, la filière est passée de 700 ha à moins de 400 ha. Il faut impérativement trouver de nouveaux débouchés et renforcer les contrats avec les brasseries présentes en Alsace.
  • La vente directe se développe, elle a permis à des jeunes de s’installer, mais ce n’est pas un modèle économique soutenable à long terme. Il faut impérativement soutenir la logique de la coopération qui permet aux agriculteurs de se regrouper pour leur donner du poids face à des acheteurs. Nos deux intervenants ne souhaitent pas opposer les agriculteurs et les grandes surfaces. Ils donnent l’exemple d’une grande surface, à proximité du site des Terres à l’Envers, qui joue généralement bien le jeu et qui s’emploie à travailler de concert avec les agriculteurs. De manière générale, il s’agit de s’accorder sur une manière de travailler ensemble pour que ce soit une relation de gagnant-gagnant, au service des consommateurs.
  • L’usage des terres agricoles par les agriculteurs peut parfois se heurter un bon droit des citoyens. Il s’agit de trouver un équilibre entre la visibilité et la sécurisation dont ont besoin les agriculteurs et le droit de propriété des citoyens.

Pour conclure, nous retiendrons que l’une des principales mesures à prendre, pour les Jeunes Agriculteurs, serait de leur permettre de vivre du prix de leur production et de ne pas dépendre des primes et des aides publiques.

Le Président de la République qui est venu en Alsace deux fois en 2011 pour rencontrer les acteurs agricoles a bien entendu le message. Il semblerait que des mesures allant dans ce sens soit à l’étude.

Répondre

*

%d blogueurs aiment cette page :