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Compte-rendu du débat  organisé le vendredi  24 Juin 2011 à HINDISHEIM

« La justice sociale »

Intervenants :

Frédéric BIERRY Conseiller Général et Maire de Schirmeck

Lila MERABET Conseillère régionale d’Alsace,

Olivier RICHARD-MOLARD, Pasteur

A l’initiative d’Antoine HERTH, député du Bas-Rhin et vice-président de la Région Alsace, trois invités nous ont fait part des pistes de réflexion sur le thème de la justice sociale :

–         Frédéric Bierry, conseiller général du Bas-Rhin et maire de Schirmeck

–         Lilla Merabet, conseillère régionale d’Alsace

–         Olivier Richard-Molard, pasteur chargé des cultes et du Comité interreligieux auprès de la Région Alsace

Antoine Herth rappelle que le social sera un sujet clivant de la campagne présidentielle à venir.

Olivier Richard-Molard nous propose d’aborder le sujet d’un point de vue des idées. Il rappelle que le judaïsme est l’histoire d’un peuple dominé qui devient libre, et qui a gravi dans la pierre une pédagogie de la liberté avec les Dix Commandements. C’est une construction politique et sociale de la justice, c’est-à-dire que la justice rend possible la vie en société. Le christianisme va alors plus loin en dissociant la vie spirituelle et la justice au sens du droit. Il y a dès lors trois dimensions du concept de justice

–         la loi, qui permet de garantir l’équité

–         l’émancipation des servitudes

–         l’utopie

M. Richard Molard souhaite ensuite critiquer le terme de « justice sociale », parce que la justice est en elle-même sociale. L’émergence de ce terme est un mécanisme de mise à distance des problèmes. Dire qu’il y a une « justice sociale », c’est sous-entendre que la justice peut ne pas être sociale. Il considère que cela ne doit pas devenir un slogan. En conclusion, il propose une définition de la justice qui peut s’inspirer de la pensée du philosophe américain John Rawls :

–         la liberté de base pour tous

–         l’égalité équitable des chances

–         la discrimination positive, non pas au sens où on l’entend aujourd’hui, mais plutôt comme une volonté d’apaiser les inégalités sociales

Frédéric Bierry souhaite tout d’abord revenir sur l’injustice sociale en listant toutes les discriminations que l’on peut rencontrer : naissance, milieu familial, inégalités territoriales, handicap, origines, âge, coût de la vie, etc. Il considère que la justice sociale est une question d’état d’esprit et il croit aux vertus de l’exemple. Les hommes politiques doivent être exemplaires en temps de crise.

Il revient sur des initiatives du Conseil général du Bas-Rhin. Le Pass Engagement cherche à susciter l’engagement et l’intégration des jeunes, qui sont les premières victimes de la crise sociale. Pour ce faire, il propose :

–         une validation des acquis de l’engagement pour que l’engagement soit reconnu sur un CV

–         une aide pour le permis de conduire aux jeunes sapeurs-pompiers volontaires, car un engagement lourd qui doit être félicité

–         l’élargissement du service civique aux « non-jeunes »

Il salue la mise en place du RSA qui a mis l’accent sur la responsabilisation et l’encouragement au travail, même si la crise économique a malheureusement atténué les effets escomptés du RSA. Il y a 26 000 bénéficiaires du RSA dans le Bas-Rhin.

Il estime que demander des heures de travail d’intérêt général pour les bénéficiaires du RSA est une « fausse bonne idée », car cet emploi gratuit va chasser les emplois précaires, tout comme il encourage la stigmatisation.

Lilla Merabet estime que la justice sociale signifie l’équité sociale : à effort égal, chances égales. Le problème de notre pays est ce que les étrangers appellent le « piston à la française ».

L’Alsace est aussi un cas très révélateur. Nous sommes la troisième région la plus jeune de France, mais la moyenne des sorties sans qualification du système scolaire est supérieure à la moyenne nationale. Le problème de fond est que notre formation initiale ne correspond pas à notre perspective économique. Ses propositions sont de :

–         régionaliser une partie des programmes de l’éducation nationale en fonction des territoires, en soumettant d’abord cela à expérimentation

–         moduler l’âge de départ de la retraite en faisant du mi-temps vers la fin de sa carrière en prenant un jeune en tutorat afin de le former. Pourquoi forcer des gens à quitter le travail alors qu’ils sont compétents et peuvent transmettre un savoir ?

–         améliorer le service civique. On veut pour l’instant faire du chiffre en proposant des missions de qualité discutable, alors qu’il faut faire de la qualité.

–         créer des agences immobilières à vocation sociale où les appartements vont vers des « profils sociaux » (jeunes, jeunes couples).

–         demander aux entreprises de donner des contreparties lorsqu’elles sont aidées par l’Etat ou les collectivités (accueillir des jeunes, prendre des stagiaires) en rendant des comptes à la fin de l’année.

–         donner une aide aux entreprises qui gardent des stagiaires au moins six mois, afin d’éviter la multiplication des petits stages et résoudre le problème de la première expérience professionnelle sur le CV

–         proposer des bilans orientation-emploi pour les jeunes (comme des bilans santé)

–         renforcer l’éducation à l’orientation.

Rédacteur : Charles SITZENSTUHL

Délégué de la 5ème circonscription

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