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Compte rendu de la conférence débat du jeudi 27 janvier 2011 au siège de l’UMP 67 à Strasbourg.

Monsieur André SCHNEIDER, Député du Bas-Rhin, orateur du groupe UMP sur la mission « Enseignement scolaire », Monsieur Frédéric REISS, Député du Bas-Rhin et rapporteur parlementaire du Budget de l’Education Nationale et enfin Monsieur Serge FENDER, Principal de collège, ont animé cette rencontre.

Madame Bernadette THIEBAUT, Secrétaire Départementale de l’UMP, a présenté les intervenants puis a introduit le sujet.

Notre société ne peut progresser sans l’Education. Aujourd’hui, l’information arrive de partout, il existe de nouveaux formateurs, de nouveaux outils et de nouveaux apprenants.

L’Education est la base de toute société. L’école est un creuset de la vie citoyenne. La valeur qu’une société attache à son système éducatif est révélatrice de ses ambitions.

En France, il s’agit du premier budget de la Nation, il représente 6,9 % du PIB en 2011. Il faut savoir qu’un enfant coûte à l’Etat en moyenne par an : 5700 € pour un écolier, 9400 € pour un lycéen et 11 200 € pour un étudiant.

L’école est la première entreprise de France, environ un million de fonctionnaires y sont employés et les dépenses de personnels représentent 96% du budget.

Dans les quinze dernières années, les effectifs ont baissé globalement de 600 000 enfants, alors que le nombre d’enseignants a augmenté !

Il faut savoir qu’aujourd’hui, les élèves français ont le plus grand nombre d’heures de cours, sur l’année scolaire la plus courte et avec le programme le plus chargé. Il semble nécessaire de rééquilibrer la semaine des enfants. C’est la conférence nationale des rythmes scolaires qui le dira.

Notre école est admirée dans le monde mais il faut admettre qu’une évaluation est une nécessité pour les élèves et pour les personnels. Nous avons la chance d’avoir une très bonne école maternelle, ce dont ne dispose pas l’Allemagne par exemple. C’est une chance qu’il faut exploiter. Nous devons nous baser sur un socle qui est lire, écrire et compter.

Dernièrement, la réforme des lycées a été mise en chantier mais il faut savoir que le collège n’a pas été réformé depuis 1975 et malheureusement, il concentre actuellement toutes les difficultés de la population.

La réforme Haby de 1975 a instauré le collège unique qui accueille tous les élèves de la 6ème à la 3ème, ce qui constitue un défi. Il fallait gérer le nombre d’élèves et 1 500 collèges ont été créés entre 1960 et 1980. Malheureusement le collège est aujourd’hui une structure en panne où l’on observe beaucoup de redoublements. Le collège constitue en quelque sorte le maillon faible du système éducatif.

Le programme PISA (Programme International pour le Suivi des Acquis des élèves) a permis de tester le niveau des élèves français de 15 ans. 65 pays ont participé à ces tests et nous nous retrouvons aux alentours de la 20ème place.

Les élèves qui ont le mieux réussi les tests sont les Finlandais (environ 15 élèves par classe) et les Coréens (plus de 30 élèves par classe). La philosophie asiatique porte sur le respect de l’autre et le dépassement de soi. Il a donc été observé que les résultats ne dépendent pas des moyens. Il a été constaté que les élèves finlandais et coréens avaient acquis une méthode de travail et avaient des lectures variées.

En France, il existe un grand écart entre les très bons et les très mauvais élèves.

Nous nous sommes aperçus que 44% des élèves de 3ème ne maîtrisent pas les compétences mathématiques.

Aujourd’hui, il existe un collège unique mais avec des parcours diversifiés (modules de découvertes professionnelles en 4ème, classe DIMA, dispositif alternance, les parcours de formation individualisée … ).

Les enseignants travaillent environ 18 heures par semaine, sans compter les heures supplémentaires, la préparation des cours, la correction des copies…

C’est un métier très difficile où aucune défaillance n’est permise. Il existe un malaise enseignant et un vrai décalage entre la conception que l’on se fait du métier et la réalité. Il existe actuellement une désaffection pour le métier d’enseignant.

Nous avons une génération qui est passée en 30 ans de l’écrit à l’écran. Luc Ferry, ancien ministre de l’Education Nationale et philosophe, avait proposé le concept d’envie d’agir, de mobiliser les élèves, qu’ils deviennent acteurs de la société.

Il existe une vraie rupture avec l’arrivée au lycée et la problématique de l’orientation doit être envisagée très tôt. De même, il serait bon de s’interroger sur l’âge auquel l’enfant est prêt à passer d’un enseignant à plusieurs. Malheureusement, il faut savoir que l’Assemblée Nationale ne débat pas assez sur les problèmes de l’Ecole, cela arrive une fois par an à l’occasion du vote du budget.

La loi Fillon du 23/04/2005 sur l’enseignement a imposé le socle commun de connaissances et de compétences. Comme nous l’avons vu précédemment, ce socle est révolutionnaire car il a pour ambition de faire acquérir la lecture, l’écriture et le calcul par tous les enfants. Des outils ont été mis en place pour aider les enfants en difficultés et les programmes ont été rendus plus lisibles. Le Ministère de l’Education Nationale a également pour ambition de vulgariser les sciences et de les enseigner dès les plus petites classes ainsi que les langues étrangères.

Il ne faut pas ignorer que 180 000 enfants sortent du système éducatif à la fin de la 3ème. Monsieur REISS, Député du Bas-Rhin et rapporteur sur une mission sur la gouvernance de l’école primaire, a proposé huit recommandations au Premier Ministre :

  • Officialiser les regroupements scolaires (sur une base législative)
  • Il faudrait un statut pour les directeurs d’école d’établissements publics (EPEP)
  • La signature d’un contrat éducatif entre l’école, la commune et la famille
  • Il faut déterminer les projets et s’y tenir
  • Créer un observatoire des bonnes pratiques
  • Expérimenter les écoles du socle commun, c’est-à-dire un seul établissement entre le primaire et le collège et expérimenter les échanges de professeurs entre le primaire et le collège
  • Conclure un pacte éducatif entre les collectivités et l’Etat
  • Améliorer les évaluations de ceux qui enseignent et de ceux qui participent au projet.

Une série de questions a ensuite été posée aux intervenants par l’assistance. Elle a ainsi permis de conclure cette conférence-débat consacrée à ce thème fondamental  « Tout commence par l’Education » dans une réflexion forte d’éléments très divers de préoccupation et de suggestion.

Vous trouverez également ci-dessous le résultat du dépouillement du questionnaire sur l’Education adressé aux militants de l’UMP 67.

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Anne SANDER, Secrétaire Départementale Adjointe chargée de la réflexion et des débats

Anne-Sophie METREAU, Référente Départementale chargée de l’organisation des débats


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