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Intervention de Jean-Emmanuel ROBERT lors du conseil municipal de Strasbourg du 6 avril 2009

Monsieur le Maire,

Trois mois seulement après avoir présenté, tout rempli de certitudes, un budget primitif que vous estimiez solide et de circonstance, mais qui, en réalité, était déjà dépassé par la crise que subissent nos concitoyens, vous nous proposez de nous prononcer sur la première décision modificative de l’année.

Ce qui frappe au premier coup d’œil, c’est son contenu bien maigre pour le pouvoir d’achat des strasbourgeois.

Ce budget supplémentaire comporte également, c’est vrai, la traduction financière, à la virgule près, du mini plan de soutien à l’économie locale, que votre municipalité a concocté en catastrophe le mois dernier.

On aurait pu imaginer, Monsieur le Maire, vu l’urgence de la situation, que vos annonces soient concomitantes au vote de cette Décision Modificative, pour une mise en œuvre effective et immédiate : tel n’as pas été le cas !

On aurait alors pu imaginer, puisque vous avez choisi de prendre votre temps, de ne pas vous laisser dicter votre rythme, ce qui n’est pas illégitime, que votre exécutif tienne au moins compte, ne serait-ce que très partiellement, des remarques, des propositions, voire même des critiques formulées par votre opposition : malheureusement, il n’en est rien !

Dès lors, vous nous contraignez à réaffirmer vigoureusement, que votre plan n’est pas à la hauteur des enjeux, ni de la récession et encore moins de la casse sociale qui frappe durement les strasbourgeois les plus fragiles.

Les mesurettes financières qui l’accompagnent sont un cautère sur une jambe de bois, une rustine sur une chambre à air que vous avez percé vous-même au moment de l’élaboration du budget primitif. Elle fuit de toute part, malgré les rafistolages à répétition et les tours de passe-passe déployés par votre adjoint aux finances, plus que jamais, le M. Bricolage de votre équipe municipale.

Pour que ça fasse plus vrai d’ailleurs, et pour que votre plan ait un peu de consistance, vous lui avez, assez malicieusement, rattaché des dépenses payées par la CUS mais qui concernent directement Strasbourg, notamment des travaux de voirie. Cela doit, indubitablement, remplir de joie nos collègues Verts, de voir qu’on se préoccupe enfin et à fond des routes et de la voiture. Mais cela réjouira surtout pas mal de Strasbourgeois, à commencer par exemple, par les habitants de la rue Adel Riton, dont la voirie est totalement défoncée, qui doit être probablement la rue de Strasbourg où il y a le plus de nids de poule au mètre carré et qui, forcément, se demandent ce que peut bien faire leur adjoint de quartier.

Au fond Monsieur le Maire, cette décision modificative dans les faits ne modifiera en rien la vie quotidienne des strasbourgeois. Elle est à l’image du constat fait par beaucoup d’entre-eux à l’issue de votre première année de mandat : une grande désillusion.

Déception d’abord parce que votre municipalité est à l’origine d’une baisse conséquente du pouvoir d’achat.

La hausse brutale et douloureuse des tarifs de la CTS décidée sans la moindre concertation, en catimini au cœur de l’été dernier, a été ressentie par nombre de nos concitoyens, notamment les plus modestes, comme une véritable injustice.

Alors bien évidemment vous essayez maintenant, tant bien que mal, de faire une opération de rétropédalage, après il faut le dire, que votre opposition n’ait eu de cesse de vous alerter sur le caractère anti-social de votre décision estivale. Vous promettez désormais une adaptation des tarifs après les avoir substantiellement augmentés.

Mais cela ne trompe personne, c’est de la poudre aux yeux : ce que vous semblez donner généreusement d’une main, vous l’avez d’ores et déjà largement repris de l’autre, et pire encore, de manière subreptice vous vous apprêtez à récidiver.

L’annonce – toute récente – de la hausse probable des tarifs du stationnement payant et celle en filigrane de la création d’un péage urbain, ou bien encore la hausse des impôts locaux qui inexorablement se profile à l’horizon, seront autant de mauvais coups portés au porte-monnaie des Strasbourgeois.

Oui, c’est une grande déception car votre municipalité, et c’est un peu paradoxal, est aussi celle de la précarité et du chômage. Je sais que vous avez tendance un peu à l’oublier, mais c’est vous qui avez fait le choix politique, en pleine période crise de réduire comme jamais les investissements de la Ville et de la Communauté Urbaine.

Et cette politique de régression sociale que nous dénonçons depuis plusieurs mois maintenant, est à mettre en perspective avec celle de l’augmentation massive des investissements menée à Lille, mais aussi à Caen (+46%), de 20% à Renne, de 17% à Toulouse. Toutes ces grandes villes vont récupérer le remboursement anticipé du fond de compensation de la TVA, cagnotte que l’Etat mettait également à votre disposition mais qui s’est volatilisée du fait de votre absence de volonté politique.

Je comprends que toutes ces vérités dérangent au plus haut point votre équipe municipale et qu’elles puissent gêner M. FONTANEL, dans la mesure où c’est une illustration assez cinglante de votre passivité collective face à la crise.

Comment voulez vous également qu’il n’y ait pas de déception puisque depuis un an, rien de concret n’a été mis en œuvre en faveur de l’emploi des jeunes : on nous avait promis le grand soir et on n’a rien vu venir.

Il en va de même pour l’engagement de créer rapidement des guichets uniques pour l’emploi dans les quartiers : c’était peut-être le moment de passer à l’acte au travers de cette décision modificative : il n’en est rien malheureusement.

Sur tous ces sujets qui touchent au quotidien et à votre fameux « mieux vivre ensemble », vous êtes désespérément aux abonnés absents. Il n’est pas étonnant que vous ayez ressenti le besoin de réduire le format de Strasbourg Magasine, avec l’ancien modèle vous deviez avoir un peu de mal à en remplir les pages !

Monsieur le Maire vous l’avez compris, le groupe UMP nouveau centre et indépendant ne votera pas cette décision modificative. C’est une coquille aux trois quarts vides, aux contours bien trop « bling bling » à notre goût.

Nous ne nous reconnaissons pas dans cette gestion à la petite semaine, qui consiste à naviguer continuellement vue. « Gouverner c’est prévoir » suivant la célèbre formule de Girardin, et vous n’avez rien prévu. « Gouverner c’est choisir » selon Pierre Mandes France, et s’agissant de Strasbourg, corseté par les contradictions de votre équipe municipale, vous n’avez pas fait le choix de préserver et de préparer l’avenir.


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