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 Compte-rendu de la Conférence animée par Patrick HETZEL, Député du Bas-Rhin

Saverne, le 17 mai 2013

sur le thème :

 L’Ecole, une ambition à partager

 

Patrick Hetzel commence son intervention en rappelant quelques dates ainsi que des éléments de contexte, qui permettront de mieux appréhender les interrogations soulevées et les propositions qui seront faites.

Debat Ecole HETZEL Saverne 17-06-132

A la fin du XIXème siècle, Jules Ferry, Ministre de l’Instruction civique rend l’instruction obligatoire. la scolarité obligatoire jusqu’à 14 ans. A cette époque, l’Etat français se préoccupe beaucoup de l’éducation. L’objectif est de développer un niveau de connaissances commun (aujourd’hui, on parlerait de socle commun).

Pour l’Alsace et la Moselle, c’est évidemment une période particulière. Les politiques en France s’intéressent à l’éducation. C’est aussi le cas en Allemagne avec Bismarck, même si c’est plutôt les régions qui en ont la responsabilité.

 

Les 100 dernières années ont été marquées par une massification progressive de l’enseignement. Le nombre de bacheliers a considérablement augmenté.

 

De nombreux points qui font débat aujourd’hui sont des conséquences directes de cette politique de massification.

On dit par exemple que le niveau baisse, mais on oublie souvent qu’en 1960, il y avait environ 300 000 jeunes en Post-Bac. En 50 ans, leur nombre a été multiplié par 8 alors que la population est passée de 40 à 60 millions d’habitants. Le système éducatif a du faire face à cette forte croissance. Les écoles ont d’abord du être multipliées, puis les collèges, les lycées, ainsi que les établissements d’enseignement supérieur.

Cette évolution s’inscrit dans la stratégie de Lisbonne, voulue au niveau européen et qui consiste à investir dans les connaissances pour s’assurer que dans la durée, l’Europe restera influente au niveau mondial.

 

En France, les parcours sont cloisonnés. Dans certains pays européens, c’est moins le cas : les aller-retours entre les périodes d’activité et de formation sont plus nombreux. Dans notre pays, il y a, de manière successive : l’école, l’activité et la retraite. Aujourd’hui, le débat est lancé sur le temps consacré à chacune de ces périodes. Ailleurs, la formation tout au long de la vie est une réalité. C’est le cas par exemple en Allemagne. Quand il y a du chômage à temps partiel, l’occasion est saisie pour mieux former les salariés.

 

Nous avons eu une illustration récente de ce débat. Au moment de la loi sur l’école, un député avait proposé un système d’alternance entre 14 et 16 ans. Vincent Peillon a estimé que tous les jeunes devaient rester à l’école jusqu’à 16 ans. Or l’objectif était de prendre en charge ces jeunes, de manière différente, pour leur redonner le goût de l’école.

On observe aussi qu’en France, on n’a pas développé suffisamment de passerelles pour pouvoir reprendre des études plus tard. On n’a pas non plus prévu de pouvoir capitaliser des connaissances à l’Université qui pourraient être complétées par la suite.

 

 

A côté de la massification, on a assigné de plus en plus de missions à l’école. On perd de vue sa mission première qui consiste à instruire, alors que le rôle des parents devrait être l’éducation. On observe un glissement car de nombreux parents démissionnent. Il y a un certain nombre de points sur lesquels le système éducatif ne peut pas agir seul. C’est notamment le cas de l’autorité. D’où l’idée de prendre en compte l’ensemble des acteurs : parents, enseignants, élus locaux … Patrick Hetzel souligne que la période pendant laquelle on avait l’habitude de dire que l’enfant doit être placé au centre du dispositif, a eu des conséquences négatives. Cela a conduit le système à dériver. On a déconstruit le rapport entre maître et élève. On a oublié l’exigence !

 

Pour Patrick Hetzel, trois thèmes clés doivent être retenus et concentrer toute l’attention :

  • la liberté pédagogique
  • la responsabilité des acteurs : enseignants, parents, élèves
  • l’évaluation de tout le système : de l’élève, de l’enseignant …

 

Pa railleurs, l’un des grandes interrogations devrait porter sur les objectifs. On se rend compte qu’ils ne sont pas partagés.

Pour Vincent Peillon, tous les enfants doivent réussir. Pour Patrick Hetzel, tous les enfants doivent effectivement réussir, mais en plus, chaque élève doit réussir. C’est-à-dire que le groupe classe doit réussir, mais qu’en plus, chaque élève pris individuellement doit réussir.

 

Les objectifs devraient être simples. A l’école primaire par exemple, il faudrait savoir lire, écrire et compter.

 

 

Le sujet de l’école est extrêmement vaste. Patrick Hetzel a abordé de nombreux points qui mériteraient un débat approfondi, sans tabous :

  • favoriser l’innovation pédagogique et stopper le règne de la quantité qui arrange tout le système éducatif, et qui doit être remplacé par la qualité. Au niveau international, des enquêtes ont montré que le niveau de la France ne cesse de baisser alors que le nombre d’enseignants a augmenté ces 20 dernières années. Pour le Ministre, il faut plus de Maîtres que de classes. C’est un bon argument de communication. Le dogme développé derrière, c’est que tout est lié à la quantité. Or on a complètement oublié la question de la qualité qui est pourtant primordiale. On ne laisse pas suffisamment de liberté aux enseignants. Ils devraient pouvoir adapter la pédagogie aux publics. Pour Patrick Hetzel, un des enjeux majeurs devrait également être de diffuser de nouvelles pratiques pédagogiques basées sur des disciplines. Il s’agit d’adapter la pédagogie à la discipline.

Le collège unique a entraîné une pédagogie unique. Or pour les 14/16 ans, il faudrait un socle commun, mais peut-être un autre système pédagogique.

  • en France, les métiers manuels ne sont pas suffisamment valorisés, de même que l’apprentissage. Il faudrait pouvoir expérimenter davantage.
  • aujourd’hui, on parle de remettre en cause les concours ce qui revient à bannir complètement le mérite républicain. Il a toujours fonctionné avec les concours. Il faut des repères pour permettre de progresser et sortir de la culture du  » tout se vaut « .
  • la morale laïque se réduit-elle à la laïcité ? Non bien sûr ! Sur ce point, Vincent Peillon a évolué. La morale n’est pas que laïque. Il faut aussi la liberté. Comment faire avec les écoles privées ?
  • la théorie du genre apparaît de plus en plus. Elle est défendue par les Ecologistes et consiste à dire que la différence sexuée n’est pas une réalité biologique mais sociologique. Nous devons rester prudents sur ce sujet qui pourrait avoir des visées dangereuses et qui mériterait une réunion à lui tout seul. En tous cas, nous devons combattre les principes de cette théorie du genre.
  • le rôle de l’Inspection générale. Patrick Hetzel pense qu’elle devrait être supprimée. Le pilotage devrait être fait par les recteurs.
  • les connaissances en sciences cognitives évoluent. Il faudrait s’y intéresser et amener les enseignants à s’y intéresser. Pour lui, la pédagogique est de la praxologie : qui comprend pratique et connaissance.
  • Une autre question de fond est oubliée : quel statut pour les enseignants ? Ces 5 dernières années, un travail a été fait sur la revalorisation de leur statut et sur leur réforme. Aujourd’hui, cette question a été complètement négligée. Et ce n’est pas en créant de nouveaux postes que le problème se règlera.
  • Autre point complètement occulté : dans sa réforme, Vincent Peillon sacrifie complètement l’aide personnalisée. Or elle jouait un rôle fondamental. Cette réforme a d’ailleurs complètement perdu de vue le vrai objectif. Et le problème du périscolaire n’a pas été posé. Et on sait bien qu’il n’y a pas de périscolaire dans les petites communes.
  • Le problème en France, c’est que chaque Ministre propose sa réforme.

A l’UMP, on devrait s’engager à adopter une approche plus opérationnelle si on revient au pouvoir, et arrêter de toucher à la loi. De manière générale, il faut cinq ans entre la mise en place des réformes et les premiers résultats. Dans le système éducatif, il faut du temps. Cela suppose d’arrêter de légiférer tout le temps car cela perturbe le système dans son ensemble. Il faut évaluer.

Debat Ecole HETZEL Saverne 17-06-134

 

Après l’exposé très complet de Patrick Hetzel, le débat s’engage longuement sur différents sujets. Sans être exhaustifs, il était question :

  • de l’évaluation dans l’enseignement supérieur qui ne doit pas être un sujet tabou
  • du problème de l’apprentissage des langues à l’école. Le Conseil d’Alsace unique aurait pu proposer une solution au problème de la centralisation de la décision prise pour les langues dans les régions française et pour lesquelles il faudrait un ancrage local.
  • de la suppression du redoublement, qui provoque un passage d’une classe à une autre, sans que le jeune ait acquis les connaissances de base.
  • du problème des rythmes scolaires, notamment dans les Communes rurales …

Anne SANDER,

Secrétaire départementale adjointe de l’UMP 67, en charge de la Réflexion et des Débats

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