Site officiel de la Fédération des Républicains du Bas-Rhin

Les jeunes de 16 à 25 ans, sans qualification et sans emploi, habitant des zones urbaines sensibles, se voient désormais offrir la possibilité d’intégrer une association ou une collectivité locale, pour une durée maximale de trois ans, l’Etat compensant à 75% les charges afférentes à cet emploi.

Si, à première vue, cette disposition paraît séduisante, il n’en est rien lorsqu’on pousse le raisonnement et qu’on s’inquiète réellement de l’insertion professionnelle de nos jeunes.

Pourquoi avoir territorialisé cette mesure ?

S’il est évident que les jeunes issus des quartiers situés en zone urbaine sensible souffrent de difficultés d’insertion accrues, il n’en demeure pas moins que le fait de stigmatiser leur situation en leur réservant les emplois d’avenir, ne la rendra que plus difficile à vivre.

Le jeune bénéficiaire de cette mesure verra s’inscrire son appartenance territoriale, comme un tatouage sur son curriculum vitae.

De plus, ce zonage crée une véritable fracture entre les jeunes qui tous souffrent aujourd’hui, et génèrera de nombreuses déceptions, selon que le pétitionnaire habite ou non dans le périmètre de la zone concernée.

Pourquoi avoir exclu le secteur marchand du dispositif ?

En arguant du fait, que seules les collectivités ou les associations seraient capables d’encadrer correctement les jeunes visés par la loi, le gouvernement, et à sa suite le législateur méconnait gravement la capacité et l’envie qu’ont les dirigeants d’entreprises, les artisans, commerçants et autres acteurs économiques du secteur marchand, de transmettre l’amour de leur métier aux jeunes, même non qualifiés.

En pensant que ces mêmes entrepreneurs ne seraient attirés que par un prétendu « effet d’aubaine » nos gouvernants aggravent le fossé  du désamour qu’ils ne cessent de creuser depuis le début de leur mandat.

Ce qui est encore plus grave, c’est que nos dirigeants privent les jeunes concernés,  de gisements d’emplois dont la pérennité est bien plus certaine dans ces entreprises que dans les collectivités ou les associations.

Pourquoi ne pas avoir misé sur l’alternance ou l’apprentissage ?

Ces voies de formations qualifiantes doivent être une priorité absolue.

Elles, seules, offrent de véritables emplois d’avenir, dans des métiers qui évoluent, qui sont aujourd’hui sous tension,  pour lesquels les entreprises peinent à embaucher, sous prétexte quelquefois de pénibilité.

Ce sont les moyens de l’apprentissage et de l’alternance qui doivent être mobilisés et augmentés, et qui permettent de retrouver le sens et l’amour du travail.

Développer un projet professionnel dans un métier identifié, pour devenir boulanger, menuisier, électricien devrait être bien plus valorisé et valorisant que biens des emplois « de circonstance » dans des collectivités ou des associations.

Les mêmes collectivités ayant, par ailleurs, des contraintes budgétaires telles qu’elles ne pourront pérenniser les emplois, dès lors proposés sans aucun avenir.

L’emploi des jeunes est une grande cause et un enjeu majeur.

Il mérite qu’on ne réédite pas les erreurs passées (celle des emplois jeunes par exemple), pour des motifs d’affichage et/ou de précipitation.

En ignorant pour des raisons purement dogmatiques,  les propositions constructives de l’opposition et en imposant des conditions qui excluent de fait de trop nombreux jeunes du dispositif, la majorité a choisi d’opposer des jeunes aux jeunes, et de marquer encore une fois sa défiance envers les acteurs économiques !

Sophie ROHFRITSCH, Députée UMP du Bas-Rhin

1 Commentaires pour cet article

  • Marcel PFEIFFER

    Bonne analyse , les emplois proposés sont d’autant plus précaires qu’ils ne s’accompagnent pas d’un volet formation qui aurait dû être la clef de vôute du dispositif.

    Dans ces conditions les jeunes qui sont ciblés par la mesure seront-ils vraiment preneurs? On peut sérieusement en douter.

    Cordialement

    Marcel PFEIFFER

Répondre

*

%d blogueurs aiment cette page :