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Compte-rendu de la conférence du 15.11.2011 à HOERDT

 » Peut-on réguler le capitalisme ? Le poids des Etats et de l’Europe face à la spéculation financière « 

par Jean-Paul GAUZES, Député européen PPE et Coordinateur de la Commission Affaires Economiques et Monétaires

Monsieur Gauzès commence son exposé en mettant l’accent sur le fait que ce n’est pas l’euro qui est en crise. En effet, il suffit de voir son cours actuel pour comprendre que la monnaie est toujours appréciée au niveau international.

Pourquoi la crise actuelle est-elle qualifiée de plus importante que celle de 1929 ?

La crise dont on parle actuellement, est en réalité un ensemble de différentes crises qui n’ont pas pour origine l’euro, mais qui se sont déclenchées presque simultanément, dans un délai très court.

La crise financière de 2008 a fortement touché l’Europe même si son origine se trouve aux Etats-Unis. De manière synthétique, il s’agit de prêts consentis à des ménages américains peu solvables, qui ont été intégrés dans des produits financiers en Europe. En France, l’Etat a prêté de l’argent aux banques pour leur permettre de traverser cette situation difficile. Cette mesure n’a rien coûté aux contribuables français, puisque les banques ont tout remboursé, y compris les intérêts.

La crise de l’endettement public a fait son apparition dans les années 2009-2010. C’est à ce moment là qu’on a commencé à s’y intéresser car finalement, ça fait au moins 30 ans que le budget de la France n’a pas été en équilibre. A un échelon inférieur de l’Etat, les Communes par exemple, sont elles-mêmes endettées, mais ce n’est pas une mauvaise chose si l’endettement reste raisonnable. Pour qu’une dette soit soutenable, il faut que les recettes laissent envisager que la dette puisse être remboursée.

La crise du surendettement grec dans un pays où il n’y a plus d’Etat. Il s’agit de la Grèce où l’argent file à l’étranger, où les impôts ne sont pas payés. Quand la Grèce a rejoint la zone euro en 2000, on connaissait déjà la situation du pays.

Mais la grande erreur a été de mélanger la crise de la dette grecque à l’euro, alors que l’économie grecque ne représente que 3% de la zone euro et que le montant en valeur absolue de la dette grecque est relativement faible.

A partir du moment où les deux ont été liés, les marchés en ont déduit qu’à chaque fois qu’un pays européen est en difficulté, il faut sauver l’euro. Or, c’est faux !

Aujourd’hui, on parle également de crise de la gouvernance de la zone euro. Lorsque l’Union économique et monétaire a été créée, l’aspect monétaire a beaucoup été développé, mais l’économique a été laissé de côté. Mais en Europe, ce sont 17 Etats qui mènent des politiques économiques différentes. Le manque de coordination est flagrant et a été mis en lumière avec la crise grecque.

Monsieur Gauzès rappelle que le Pacte de stabilité a été mis en place et prévoyait que les déficits nationaux soient maîtrisés, inférieurs à 3 % du PIB. Mais dès 2004, 2005, les grands pays européens ont connu des difficultés économiques et se sont affranchis des règles, ce qui a mis en péril la zone euro, tout en donnant le mauvais exemple aux petits pays.

Aujourd’hui, des règles de coopération économique sont en place. Certaines réponses sont intergouvernementales, d’autres communautaires.

Enfin, la crise de la décision politique se caractérise par l’impuissance des gouvernements : on attend, on prend des décisions, on revient dessus … Cela génère une perte de confiance.

Monsieur Gauzès conclut son exposé en insistant sur des éléments positifs et encourageants :

– Les fondamentaux en Europe sont sains et nous avons des ressources pour redevenir compétitifs.

– Il est essentiel de réindustrialiser l’Union européenne. On observe d’ailleurs que certaines entreprises reviennent à nouveau de Chine, après avoir connu des problèmes de qualité.

– Il faut relancer l’idée de réciprocité en Europe, ce qui signifie que les règles du jeu qui s’appliquent en Europe doivent également s’appliquer aux partenaires commerciaux de l’Union.

– Les citoyens européens doivent eux aussi faire preuve de discipline et de responsabilité. Ils doivent savoir qu’en achetant des produits fabriqués en Asie, ils desservent l’économie et l’emploi dans leur propre pays.

– Pour que l’Union européenne retrouve sa compétitivité, il faut travailler sur les coûts. L’exemple français en constitue une bonne preuve. En France, le financement du système social repose sur les entreprises qui le répercutent sur leur prix de vente. Une idée pourrait être d’alléger ce coût, notamment en intervenant sur la TVA.

– Enfin, Monsieur Gauzès souligne que des dogmes doivent être oubliés : concurrence parfaite, le fait de ne pas faire intervenir des financements publics …

Pour finir, Monsieur Gauzès s’est prêté au jeu des questions-réponses de l’assemblée.

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