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Cannabis et dépénalisation, un problème récurrent qui revient au goût du jour, souvent en période préélectorale, mais au final rien ne se passe. Et pour cause.


« N’étant pas médecin ni scientifique, je ne démontrerai ni les vertus ni les côtés obscurs de cette drogue, car il faut quand même le rappeler, le cannabis est une drogue qui doit nous interpeller sur la perversité de ses effets sur le cerveau, surtout celui des plus jeunes.

Pourquoi consomme-t-on du cannabis? Et qui? Répondre à la deuxième interrogation est plus facile: tout le monde, aucune tranche d’âge ou couche sociale n’est épargnée.

Répondre à la première question est beaucoup plus compliqué et fait apparaître une fois de plus les inégalités de notre société.

Entre le quinqua bobo, le quadra stressé, le trentenaire désabusé, qui fument «un p’tit joint de temps en temps», juste pour décompresser, passer une bonne soirée entre amis du même milieu, avec une bouteille grand cru, bravant l’interdit pénal et refaisant le monde, et les plus démunis, les rejetés, les pathologiques qui chercheront à oublier leur quotidien merdique, mélangeant alcool bas de gamme voire médicaments, il y a un gouffre phénoménal.
La consommation de nos jeunes

Les effets collatéraux à long terme seront peut-être identiques mais sûrement pas leur chemin de descente aux enfers.

Ce qui m’interpelle, c’est la consommation de nos jeunes. Quelles en sont les raisons? Sont-elles basées sur la recherche identitaire, l’appartenance à un groupe social, le mimétisme intergénérationnel qui depuis les années 68 et Woodstock associe cannabis et mouvement social de jeunes?

Est-ce le mal-être, l’incompréhension, voire le joug qu’ils pensent subir de la part des adultes?

La préadolescence et l’adolescence sont les périodes favorables à un type de socialisation. On cherche à se rassembler avec qui nous ressemble, on communique et surtout on cherche à être des grands sans intégrer leur monde basé sur le travail, le pognon. Leur notion d’économie étant essentiellement basée sur la consommation engendrée à grand renfort de pub.

La consommation de cannabis fait-elle partie de cela? Ils en consomment au collège, au lycée, en soirée, rarement seul. Existe-t-il un effet de groupe? Sûrement, un effet de stimulation, on n’ose pas dire non de peur d’être rejeté. On fait quelque chose d’interdit par la loi, on défie le monde adulte, celui des parents, et, les copains le disent: «C’est super, tu auras pleins d’effets, si en plus tu prends tel et tel médoc avec un grand verre de XX tu t’éclates, vas-y, lol».

Et après la période euphorique, si plus rien ne se passe, faudra-t-il essayer la drogue plus dure?

Dépénaliser les drogues afin de couper l’herbe sous le pied des dealers? Je ne pense pas que l’impact sera important.

Cela m’étonnerait fort que demain nous trouvions devant les agences Pôle emploi des files d’attente de dealers en grosses cylindrées qui voudront chercher du travail honnête.

Par contre, après avoir dépénalisé, à qui confier la production? À l’État, au privé? Qui contrôlera la qualité, quelles seront les doses tolérées, quelles taxes créées?

Dans 20 ans, aurons-nous les premières plaintes déposées contre les producteurs comme pour le tabac?

Je n’apporte certes aucune réponse concrète, mais est-ce que la dépénalisation en apportera une? »

Georges SCHULER,

Maire de Reichstett, Conseiller Communautaire, Délégué UMP de la 3ème Circonscription

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