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Compte rendu de la conférence débat organisée le jeudi 10 février 2011 au siège de l’UMP 67 à Strasbourg.

« L’Euthanasie :  enjeux législatifs, sociétaux, éthiques et anthropologiques»
par le Professeur Jean-Gustave HENTZ, Praticien hospitalier, Médecin-anesthésiste-réanimateur aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg

Le Professeur Hentz a commencé son intervention en présentant le contexte général :

– Aujourd’hui, les patients sont parfaitement bien informés de leurs droits (Loi Kouchner de 2002, Loi Leonetti de 2005, médias, Internet …),
– Fin du paternalisme médical, les patients sont plus autonomes,
– Critique du système médical : crise du système de protection sociale, manque d’humanisme du personnel médical, non prise en compte des difficultés sociales et personnelles des patients …
– Phénomène de judiciarisation de la médecine,
– Tentation des médecines parallèles,
– Il est reproché aux médecins de ne pas répondre aux interrogations fondamentales sur le sens de la vie que se posent les malades.

Actuellement, 500 000 personnes meurent annuellement en France, dont 200 000 qui meurent avec des symptômes pénibles : douleurs, souffrances, dyspnée, nausées, vomissements, prurit…
75 % des personnes meurent en institutions, et parmi elles, 75% meurent seules. C’est un changement profond dans notre société car autrefois, les gens mouraient chez eux, dans leur famille.

Après ces premiers éléments de contexte, le Docteur Hentz a longuement détaillé la Loi Leonetti, en vigueur aujourd’hui.

La Loi Leonetti du 22 avril 2005, change profondément la situation des personnes en fin de vie en France en apportant trois dispositions essentielles.

– Interdiction d’une obstination déraisonnable (c’est-à-dire, interdiction de l’acharnement thérapeutique) et légalisation de la Limitation active de la thérapie apportée au patient (LATA)

– Cette loi a profondément renforcé les droits du patient (directives anticipées, personne de confiance…)

– Avec cette loi, le processus décisionnel en cas de patient inconscient, ou en cas d’arrêt des traitements, repose sur deux mots clés : collégialité et transparence de la décision.

La Loi Leonetti recherche une solution éthique pour un encadrement juridique de la relation médecin et malade en fin de vie.

Pour le Professeur Hentz, la Loi Leonetti distingue le  » laisser mourir  » du  » faire mourir  » en faisant le choix du premier, en refusant toute aide active à mourir.

Cette loi présente d’autres avantages :

– Elle autorise l’administration de médicaments « à double effet ». Ils permettent de soulager la douleur, même s’ils réduisent parfois la durée de vie.
– Elle fait le choix de la transparence, de l’humanisme et de la solidarité entre générations.
– La loi Leonetti a été complétée pour proposer une allocation d’accompagnement pour les personnes accompagnant une personne en fin de vie (Loi du 2 mars 2010) : 53 euros par jour pendant 21 jours dans cadre du congé de solidarité familiale.

Malgré tous les points positifs apportés par cette loi, elle reste mal connue des français ; les sondages le montrent !

A côté de la Loi Leonetti, il convient de s’intéresser aux soins palliatifs en France.

La reconnaissance officielle des soins palliatifs en France date de la circulaire Laroque de 1986.

Les soins palliatifs peuvent être définis comme des soins actifs et un accompagnement pluridisciplinaire, délivrés par une approche globale d’une personne atteinte de maladie grave, évolutive ou terminale.
L’objectif est de soulager les douleurs physiques et les autres symptômes, de prendre en compte les souffrances psychologiques, sociales et spirituelles.
Ils s’adressent au malade mais également à sa famille, à ses proches et peuvent être délivrés à domicile ou en institution. Dans le cadre des soins palliatifs, une formation adaptée et un soutien aux soignants et aux bénévoles font partie de la démarche.

Les soins palliatifs tels qu’ils sont conçus répondent à la détresse des malades et de leur famille. La difficulté vient du fait qu’ils ne sont pas suffisamment développés et que très peu de patients en bénéficient pleinement.

Aujourd’hui, les soins palliatifs, ce sont des unités, des équipes mobiles, des lits dédiés, et des réseaux.
Strasbourg, dernier hôpital universitaire de France à ne pas avoir d’unité de soins palliatifs, ouvrira son unité début avril 2011. Dans le Bas-Rhin, deux unités existent : à Haguenau et à l’hôpital de la Toussaint à Strasbourg.

Quelques chiffres concernant les soins palliatifs en France :

– 108 unités de soins palliatifs existent, 5800 lits environ,
– 50.000 patients pris en charge (en comptant large) alors qu’il y a 200.000 patients qui en auraient besoin
– Enseignement : pendant leurs études de médecine, les étudiants suivent un enseignement de 6 heures sur le sujet des soins palliatifs dans le module : douleurs chroniques, accompagnement, soins palliatifs, mort. C’est évidemment très peu et largement insuffisant pour les sensibiliser à cette problématique.
– Le Docteur Hentz s’est investi dans la mise en place d’un Diplôme universitaire portant sur les soins palliatifs, DIUSP Strasbourg Besançon, qui forme entre 20 et 25 personnes tous les deux ans.

Pour finir son exposé, le Professeur Hentz a présenté, d’une part, les arguments contre l’euthanasie, mais aussi ceux en faveur de l’euthanasie.

Lui-même considère qu’en conjuguant des efforts pour développer les soins palliatifs et en appliquant pleinement la Loi Leonetti, il n’est pas nécessaire d’aller plus loin vers l’euthanasie.

La soirée s’est achevée par un échange entre la salle et le Professeur Hentz.
***

Anne SANDER, Secrétaire Départementale Adjointe chargée de la réflexion et des débats

***

Pour plus de précisions, vous pouvez consulter ci-dessous la présentation du Professeur HENTZ :

Compte rendu de la conférence débat organisée avec le PCD 67, le jeudi 10 février 2011 au siège de l’UMP 67 à Strasbourg.

« L’Euthanasie :

enjeux législatifs, sociétaux, éthiques et anthropologiques»

par le Professeur Jean-Gustave HENTZ,

Praticien hospitalier,

Médecin-anesthésiste-réanimateur

Hôpitaux universitaires de Strasbourg

Le Professeur Hentz a commencé son intervention en présentant le contexte général :

  • Aujourd’hui, les patients sont parfaitement bien informés de leurs droits (Loi Kouchner de 2002, Loi Leonetti de 2005, médias, Internet …),
  • Fin du paternalisme médical, les patients sont plus autonomes,
  • Critique du système médical : crise du système de protection sociale, manque d’humanisme du personnel médical, non prise en compte des difficultés sociales et personnelles des patients …
  • Phénomène de judiciarisation de la médecine,
  • Tentation des médecines parallèles,
  • Il est reproché aux médecins de ne pas répondre aux interrogations fondamentales sur le sens de la vie que se posent les malades.

Actuellement, 500 000 personnes meurent annuellement en France, dont 200 000 qui meurent avec des symptômes pénibles : douleurs, souffrances, dyspnée, nausées, vomissements, prurit…

75 % des personnes meurent en institutions, et parmi elles, 75% meurent seules. C’est un changement profond dans notre société car autrefois, les gens mouraient chez eux, dans leur famille.

Après ces premiers éléments de contexte, le Docteur Hentz a longuement détaillé la Loi Leonetti, en vigueur aujourd’hui.

La Loi Leonetti du 22 avril 2005, change profondément la situation des personnes en fin de vie en France en apportant trois dispositions essentielles.

  • Interdiction d’une obstination déraisonnable (c’est-à-dire, interdiction de l’acharnement thérapeutique) et légalisation de la Limitation active de la thérapie apportée au patient (LATA)

  • Cette loi a profondément renforcé les droits du patient (directives anticipées, personne de confiance…)

  • Avec cette loi, le processus décisionnel en cas de patient inconscient, ou en cas d’arrêt des traitements, repose sur deux mots clés : collégialité et transparence de la décision.

La Loi Leonetti recherche une solution éthique pour un encadrement juridique de la relation médecin et malade en fin de vie.

Pour le Professeur Hentz, la Loi Leonetti distingue le  » laisser mourir  » du  » faire mourir  » en faisant le choix du premier, en refusant toute aide active à mourir.

Cette loi présente d’autres avantages :

  • Elle autorise l’administration de médicaments « à double effet ». Ils permettent de soulager la douleur, même s’ils réduisent parfois la durée de vie.
  • Elle fait le choix de la transparence, de l’humanisme et de la solidarité entre générations.
  • La loi Leonetti a été complétée pour proposer une allocation d’accompagnement pour les personnes accompagnant une personne en fin de vie (Loi du 2 mars 2010) : 53 euros par jour pendant 21 jours dans cadre du congé de solidarité familiale.

Malgré tous les points positifs apportés par cette loi, elle reste mal connue des français ; les sondages le montrent !

A côté de la Loi Leonetti, il convient de s’intéresser aux soins palliatifs en France.

La reconnaissance officielle des soins palliatifs en France date de la circulaire Laroque de 1986.

Les soins palliatifs peuvent être définis comme des soins actifs et un accompagnement pluridisciplinaire, délivrés par une approche globale d’une personne atteinte de maladie grave, évolutive ou terminale.

L’objectif est de soulager les douleurs physiques et les autres symptômes, de prendre en compte les souffrances psychologiques, sociales et spirituelles.

Ils s’adressent au malade mais également à sa famille, à ses proches et peuvent être délivrés à domicile ou en institution. Dans le cadre des soins palliatifs, une formation adaptée et un soutien aux soignants et aux bénévoles font partie de la démarche.

Les soins palliatifs tels qu’ils sont conçus répondent à la détresse des malades et de leur famille. La difficulté vient du fait qu’ils ne sont pas suffisamment développés et que très peu de patients en bénéficient pleinement.

Aujourd’hui, les soins palliatifs, ce sont des unités, des équipes mobiles, des lits dédiés, et des réseaux.

Strasbourg, dernier hôpital universitaire de France à ne pas avoir d’unité de soins palliatifs, ouvrira son unité début avril 2011. Dans le Bas-Rhin, deux unités existent : à Haguenau et à l’hôpital de la Toussaint à Strasbourg.

Quelques chiffres concernant les soins palliatifs en France :

  • 108 unités de soins palliatifs existent, 5800 lits environ,
  • 50.000 patients pris en charge (en comptant large) alors qu’il y a 200.000 patients qui en auraient besoin
  • Enseignement : pendant leurs études de médecine, les étudiants suivent un enseignement de 6 heures sur le sujet des soins palliatifs dans le module : douleurs chroniques, accompagnement, soins palliatifs, mort. C’est évidemment très peu et largement insuffisant pour les sensibiliser à cette problématique.
  • Le Docteur Hentz s’est investi dans la mise en place d’un Diplôme universitaire portant sur les soins palliatifs, DIUSP Strasbourg Besançon, qui forme entre 20 et 25 personnes tous les deux ans.

Pour finir son exposé, le Professeur Hentz a présenté, d’une part, les arguments contre l’euthanasie, mais aussi ceux en faveur de l’euthanasie.

Lui-même considère qu’en conjuguant des efforts pour développer les soins palliatifs et en appliquant pleinement la Loi Leonetti, il n’est pas nécessaire d’aller plus loin vers l’euthanasie.

La soirée s’est achevée par un échange entre la salle et le Professeur Hentz.

Pour plus de précisions, consultez le site Internet de l’UMP 67 : http://www.ump67.eu/

***

Anne SANDER, Secrétaire Départementale Adjointe chargée de la réflexion et des débats

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