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François LOOS d'Alsace

A l’heure où la nation semble en cours de dissolution en raison de la crise, de la mondialisation, de la construction européenne, du multiculturalisme érigé en règle unique, de l’immigration, il faut réinventer un projet France, répondant à un double impératif, celui d’un patrimoine à sauvegarder et celui d’un avenir commun à bâtir. Depuis novembre 2009, le grand débat sur l’identité nationale voulu par le président de la République et porté par Éric Besson a été lancé.

Une double crise

La question de l’identité nationale part d’un constat clair, celui d’une double crise entre héritage et consentement, aboutissant à un désenchantement croissant d’une partie de la population française devant le pays, sa langue, ses traditions, ses paysages, sa culture, sa littérature. Pourtant, aborder ces questionnements serait politiquement incorrect pour certains !
Je pense au contraire que la discorde déclenchée n’est pas digne d’un grand débat comme celui-ci, alors que les Français s’interrogent sur leurs valeurs communes. Durant la IIIe République, république et patrie étaient des phares pour tous, grâce à l’école et ses « hussards noirs ». La prise de conscience nationale était une réalité palpable et la devise liberté-égalité-fraternité, un mode de vie duquel l’intégration doit s’inspirer. C’était bien l’école qui transmettait les outils les plus puissants d’intégration : la langue et l’héritage historique ainsi que la hiérarchie des appartenances. Mais aujourd’hui, à l’heure du communautarisme affiché, notre devise liberté-égalité-faternité est remise en cause.
Inflation législative galopante, perte de souveraineté en raison du fonctionnement de l’Europe, accoutumance à la délinquance empiètent sur la sacro-sainte liberté ; l’égalitarisme, quant à lui, relègue le mérite et le travail au second plan et l’école peine à transmettre savoirs et héritage ; enfin, les incivilités quotidiennes et le communautarisme divisent, en cette époque difficile où il faudrait plutôt rassembler.

Une société de confiance

Si la nation est bien « riche legs de souvenirs » et « désir de vivre ensemble » comme l’écrit Renan, alors il est temps de réagir pour la sauver, en tenant compte des réalités actuelles de la société française qui semble s’en éloigner, faute de s’y reconnaître. Pourtant, la solution d’importer un modèle de société qui marche bien ailleurs n’est pas viable. Pour qu’il fonctionne, notre système doit être inscrit dans notre tradition : la République et ses valeurs plutôt que la féodalité du communautarisme !
Il faut donc susciter l’adhésion à notre modèle, car la France ne doit pas être une nation-service ne donnant que des droits, sans la contrepartie de devoirs et de volontarisme. Les Français se reconnaissent-ils encore dans leurs institutions ? Pour cela, il faudrait que l’intérêt du citoyen revienne au centre des préoccupations des services et que personne n’ait l’impression d’être abandonné sur le bord du chemin ! Il s’agit d’opérer un retour aux valeurs fondatrices de la République et de sa devise au sein des institutions, revenir aux fondamentaux de notre histoire.

Quels peuvent en être les moyens ?
– Une gestion responsable du social et des retraites pour assurer leur pérennité, sans renvoyer toujours à plus tard.
– Une décentralisation plus effective ; c’est le sens de la réforme en cours, mais il faut aller beaucoup plus loin.
– Enfin, une priorité absolue à l’école et à la formation, avec des modalités très diverses, comme par exemple l’autonomie des universités ou l’obligation d’un quota de boursiers dans les grandes écoles.
Et si on en était fier, alors ? Et si on se faisait confiance pour y arriver ?

François LOOS
Député du Bas-Rhin
www.francois-loos.com

Édition DNA du Mercredi 20 janvier 2010

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