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Mi-janvier, les élus UMP alsaciens rencontraient leurs homologues du Bade-Wurtemberg à OBERKIRCH, commune dont est originaire le premier président allemand du Parlement européen, Hans FURLER.

1. La situation politique en France

Le député Yves BUR revient sur la nécessité de restriction budgétaire dans le cadre de la crise économique, sur la résistance de la population face à la réforme pourtant nécessaire des retraites et sur les deux grands chantiers de l’agenda 2011 : la dépendance et la réforme fiscale. Il souligne la crise de confiance de la société française.

Le ministre Philippe RICHERT a confirmé le déficit de confiance de la population envers le chef de l’Etat. Il a également souligné la gravité de la crise économique et l’efficacité du gouvernement dans les réponses qui ont été apportées. Enfin, le député Antoine HERTH a souligné le malaise créé par l’impression d’écartement de la mouvance centriste dans la constitution du nouveau gouvernement. Il souligne les risques de voir le Front National supplanter la droite au premier tour des présidentielles de 2012, risque accru par le passage de témoin entre Jean-Marie LE PEN et sa fille Marine. Enfin le député BUR a mis en avant la prise de conscience intervenue en France sur l’importance du travail avec l’Allemagne, notamment face aux blocages des structures européennes.

En réponse aux questions des élus Allemands sur l’opportunité d’un gouvernement économique européen, la qualité du partenariat entre les ministres Christine LAGARDE et Wolfgang SCHAÜBLE a été rappelé.

2 La situation politique en Allemagne

Willy STAECHELE, ministre des finances du Land de Bade-Wurtemberg,  a mis en avant que si la croissance prévue en 2011 en Allemagne atteint les 3 %, la crise économique et financière n’en est pas pour autant révolue ; il est nécessaire de réduire à la fois la dette et les dépenses publiques. Les citoyens allemands sont notamment sensibles aux problèmes monétaires : le passage à l’euro est souvent perçu comme un emprisonnement de leur pays dans les dettes accumulées par d’autres Etats ; le fait d’avoir déjà financé le rattrapage de l’Allemagne de l’Est amplifie encore ce phénomène.

La coalition avec la FDP pose également problème car ce partenaire est loin d’être fiable. A court terme, les élus sont surtout mobilisés par les Landtagswahlen (élections au parlement régional) dans le Bade-Wurtemberg qui auront lieu le 27 mars.

Helmut RAU, ministre de l’intérieur du Bade-Wurtemberg, souligne les différentes difficultés auxquelles est confrontée la CDU pour cette élection. Certaines prises de position du gouvernement fédéral d’Angela MERKEL dans les dernières années ne sont pas pour aider. Il existe un risque sérieux que le partenaire de la coalition au niveau du Land, la FDP, n’atteigne pas les 5 %, hors la CDU n’obtiendra pas à elle seule la majorité absolue. Malgré le rôle très favorable du médiateur, le projet Stuttgart 2012 a créé un mécontentement de masse : il est en effet très rare en Allemagne qu’une manifestation publique sur un projet quelconque mobilise plus de 100 000 personnes. Par ailleurs, les Verts, pourraient faire un excellent score, voire dépasser la SPD, notamment grâce à leur façon jugée plus moderne de faire de la politique. Enfin, si la CDU du Bade-Wurtemberg compte un nombre de membres plus important que tous les autres partis réunis, ils sont difficiles à motiver.

A la question des élus français sur le rachat de EnBW par le Land, les Allemands estiment que cela pourrait constituer l’un des enjeux de la campagne à venir.

Certains élus soulignent aussi qu’il s’agit aujourd’hui de récupérer un public électoral fluctuant : suite à la grande coalition mise en place au niveau fédéral voici quelques années, de nombreux électeurs de la CDU étaient passés à la FDP et risquent aujourd’hui en partie de se tourner vers les Verts.

Pour la campagne à venir, les élus allemands souhaitent mettre en avant le succès du mode de gouvernance économique du Land depuis plus de cinq décennies et leur réussite en matière  d’emploi, de formation et d’intégration des jeunes dans la vie active.

Le député européen honoraire, Karl Von WOGAU, souligne l’importance de la question de la dette : outre le cas de tel ou tel pays, c’est l’endettement global dans le monde qui est trop élevé ; à moyen et long terme, il convient donc d’amener tous les Etats et leurs élus à se sentir davantage responsables sur ces questions.

Enfin, la sénatrice Fabienne KELLER souligne la fragilité actuelle de Strasbourg en tant que capitale européenne.

3.  Région métropolitaine du Rhin supérieur

L’ensemble des élus français et allemands tirent un bilan très positif du travail effectué sur ce sujet en 2010. A partir de l’engagement constant d’Adrien ZELLER depuis de nombreuses années, de nouvelles perspectives s’offrent aujourd’hui avec un grand dynamisme. Les efforts en faveur d’une démarche commune vers les touristes extérieurs au Rhin supérieur ouvrent des possibilités très intéressantes.

En conclusion, les élus ont confirmé leur volonté d’intensifier leur coopération, notamment dans la mise en place de groupes de travail sur des thèmes précis, également afin d’accroître l’influence politique de ce partenariat des deux cotés du Rhin

Christian KLIPFEL

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