Site officiel de la Fédération des Républicains du Bas-Rhin

Par Philippe RICHERT et Fabienne KELLER

Copenhagen, Hopen…hagen : l’espoir ne s’est pas concrétisé ! Les Etats du monde avancent en ordre dispersé et sans dispositif contraignant sur la question de la lutte contre le réchauffement planétaire. Difficile de paraître surpris alors que tous les commentateurs nous annonçaient une perspective d’accord a minima. Faut-il pour autant s’enfoncer dans une sinistrose collective et évoquer comme certains l’ont fait un véritable « Munich du climat » ?

Bien sûr nous aurions aimé une position européenne –pourtant exemplaire– plus affirmée par rapport au dialogue sino-américain. Bien sûr nous avons ressenti la limite des grandes conférences onusiennes, désormais clairement inadaptées à la gouvernance du village planétaire. Mais notre devoir est de nous tourner vers l’avenir et générer l’énergie suffisante pour affronter les nouvelles échéances. Nous voyons ainsi cinq bonnes raisons d’espérer.
« Limiter le changement climatique à + 2° Celsius ». Le diagnostic est désormais partagé par la communauté des Etats. C’est important. Le diagnostic commun est la première pierre sur laquelle nous pourrons bâtir un traité multilatéral efficace.
La question de la déforestation en tant que première source d’émission de gaz à effet de serre et son corollaire, l’inscription des forêts tropicales et autres puits naturels de carbone au patrimoine de l’humanité, sont désormais inscrits durablement à l’agenda politique et légitimeront la coopération entre le Nord et le Sud.
Copenhague a incontestablement révélé sur la scène onusienne la vitalité de la diplomatie africaine, qui a su faire entendre une voix unique et pertinente en faveur de l’aide au développement. Cette unité politique nouvelle donne des raisons de croire en l’avenir de ce continent trop longtemps abandonné.
Bien qu’il ait été un échec de l’intégration dans les débats officiels des ONG, le sommet de Copenhague ouvre la voie vers une « radicalité apaisée » de l’expression de la société civile, à la fois plus organisée, plus ouverte et moins violente qu’elle a pu l’être dans le passé, à Seattle ou Gènes par exemple.
C’est parce que le sommet de Copenhague est jugé par tous comme un échec qu’il faut désormais se mobiliser vers les prochains rendez-vous. Avant le 31 janvier, les pays du monde devront rendre leur copie. Le tableau des engagements, resté vierge pour l’instant, constitue un progrès dans la mesure où il définit des indicateurs standards pour chiffrer les efforts de chaque nation. Encore une fois, il s’agit d’un jalon utile et efficace pour les étapes à venir que seront Bonn en juin et Mexico en décembre 2010. La mobilisation continue.
On pourra toujours accuser les dirigeants des grandes puissances d’avoir fait preuve de lâcheté. Nous sommes convaincus qu’ils réviseront vite leur jugement sous la pression de leur opinion publique, exigeante et en attente de résultats concrets.
En attendant, il nous faudra continuer d’agir localement pour penser globalement un nouveau modèle de développement. Par des gestes simples au quotidien, en recherchant l’exemplarité sans pour autant donner des leçons, nous amorcerons un cycle vertueux et salutaire pour l’humanité tout entière.

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